jeudi 18 mars 2010

Long week-end, à lire aussi en semaine !

Par le plus grand des hasards, nous nous sommes trouvés avec un exemplaire du roman Long week-end, de Joyce Maynard entre les mains, et nous n'avons pas été déçus ! Ancienne amie du regretté J.D. Salinger, Joyce Maynard était surnommée à ses débuts la Françoise Sagan américaine. Ce dernier roman, Long week-end, impressionne par sa trame et le souffle quasi-cinématographique qui grandit au fil des pages. (Une adaptation sur grand écran serait d'ailleurs déjà prévue.) L'histoire aurait pu être simple : Henry, adolescent, vit seul avec sa mère Adele, depuis le départ de son père. Adele, un peu secouée par les rudesses de sa vie, mène une existence d'ermite, sans sorties ni amies. Elle limite ses déplacements hors de sa maison au strict nécessaire, allant jusqu'à amasser des dizaines de boîtes de conserve dans ses placards. Jusqu'au jour où, au détour d'une exceptionnelle virée au supermarché, Henry rencontre Franck, tout juste évadé de prison. Sans trop se poser de questions, l'enfant et sa mère vont ramener cette force de la nature sanguinolente chez eux, pour le protéger, durant un long week-end. Pour les trois protagonistes, cette courte période sera l'occasion de se regarder, de se connaître, de se comprendre, de s'aimer et se détester. Ces quelques jours caniculaires seront le temps d'un huis-clos poignant, plein de sentiments et de ressentiment.

Même si le mot n'est ni écrit ni prononcé, il va de soi que la mère d'Henry, la belle Adele, souffre d'une dépression nerveuse, ou de quelque chose qui y ressemble beaucoup. Et c'est dans la justesse des émotions et des relations au sein de cette famille monoparentale - décomposée plus que recomposée - que s'impose la force du récit. Joyce Maynard parvient, avec une sincérité étonnante, à décrire la manière dont se joue la vie avec une personne plus que fragile. D'autant plus que le récit est raconté du point de vue d'Henry, un pré-adolescent obsédé par les filles et les mutations de son corps. L'une des questions qui est posée dans ce Long week-end serait indubitablement : comment, à cet âge là, un enfant peut-il appréhender et gérer la maladie (ou le trouble) de quelqu'un de si cher ? Dans le roman, d'autres personnes font des apparitions, parfois éclairs, jamais anecdotiques : dans un temps qui paraît très lointain, Adele avait une amie, Evelyn. Celle-ci a un fils, handicapé physique et mental. Au cours de quelques pages, Joyce Maynard peint avec brio la relation de cette autre mère célibataire avec son fils, la maladresse d'Henry avec ce compagnon d'infortune, ou encore l'incroyable talent de Franck pour prendre soin de lui. Certes, là n'est pas l'enjeu du roman, dont la trame reste la protection d'un évadé en cavale, mais le talent de Maynard pour brosser ces instants, ces regards, ces échanges et ces rapports humains est remarquable. On aurait aimé que ce Long week-end ne soit pas si court...

Hugo

A lire :

Joyce Maynard - Long week-end
Philippe Rey - 2010 - 285 p. - 19 €

vendredi 5 février 2010

Nouveau mois, nouveau blog, nouvelle médiathèque !


Entre les vœux ministériels, les Journées mondiales, les inaugurations, les bonnes nouvelles et les fausses joies, l'actualité des mondes scientifique, sanitaire et médico-social du mois de janvier a été particulièrement riche. Pendant ce temps, WiCare évolue, s'améliore, se dote de nouveautés. Car si vous ne connaissez que la partie visible de l'iceberg, sachez que notre équipe technique travaille d'arrache-pied pour perfectionner le site, et en faire l'outil dont vous avez besoin. Outre le dictionnaire interactif (dans les articles et les dossiers, les mots qui nécessitent un éclairage affichent, au passage de la souris, une info-bulle qui en donne la définition), Maud et Antony nous ont offert, à la fin du mois, une médiathèque.

Vous l'avez déjà peut-être remarqué, WiCare propose des conseils de livres ou de films en rapport avec la maladie, le handicap ou la perte d'autonomie. Romans, documentaires, témoignages, fictions, tous ces médias étaient auparavant disponibles depuis le dossier auquel ils se rattachaient, dans la catégorie "A lire, à voir". Depuis peu, tout est accessible, proprement, joliment, classé et ordonné dans la médiathèque. Pour l'instant, la médiathèque est accessible depuis le pied de la page d'accueil WiCare, exactement ici :



Dans un futur plutôt proche, vous pourrez retrouver la médiathèque depuis d'autres pages. Mais la vraie question est : pourquoi une médiathèque ? D'abord parce que, avec toute la volonté du monde, nous ne pourrons pas écrire nous-même des ouvrages entiers, recueillir autant de témoignages, écrire des centaines de pages de conseils pratiques pour chacune des maladies que nous abordons. Alors quand, par chance, quelqu'un de compétent et de qualifié le fait, il est presque de notre devoir de vous le signaler. Voilà ce qui explique la présence d'ouvrages médicaux et de guides pratiques dans la médiathèque. Quant aux oeuvres de fiction, nous vous en parlons parce que, pour nous, l'univers de la santé n'exclut pas la culture. Parce que nous estimons que celle-ci (livres, films, mais bien d'autres choses encore) a une place importante dans le quotidien de chacun. Parce que la culture fait une petite place à la santé, aux univers auxquels nous appartenons, par notre engagement professionnel. Pour nous, la fiction permet de porter un nouveau regard sur son quotidien, de mettre à distance certaines problématiques pour mieux se les réapproprier, d'enrichir sa vision des choses. Nous espérons qu'il en va de même pour vous. Car lorsque des auteurs, des professionnels de santé, des éditeurs, des réalisateurs sont à l'initiative de projets comme ceux qu'il nous arrive de croiser, nous avons un plaisir immense à vous le faire partager.

Alors n'hésitez plus, plongez dans notre médiathèque, fouillez partout, soulevez les cartons, déplacez les meubles, faites comme chez vous, et faites-nous partager vos impressions et vos ressentis sur tel guide pratique ou tel roman. Et surtout, faites-nous part de vos découvertes, de vos coups de coeur, et nous nous ferons une joie de nous y intéresser et de les ajouter à notre collection.

Je vous souhaite de bonnes lectures, de bons visionnages, et une belle journée.

Hugo

La photo qui illustre cet article a été prise par Mrs Logic et provient de Flickr, sous la licence CC.

mardi 26 janvier 2010

2010 : emploi des personnes handicapées et 5e risque à l'honneur ?


Le mois de janvier correspond souvent, pour les journalistes, à la tournée des ministères. En effet, chaque début d'année, les ministres présentent leurs "voeux à la presse", prétexte à un tour d'horizon des chantiers en cours et à un peu de prospective (se préparer à demain), entre champagne et petits fours. Aujourd'hui, c'était au tour du ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Xavier Darcos, ministre du travail, Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des aînés, et Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, nous ont reçus à l'hôtel du Châtelet. 

L'équipe de WiCare était directement concernée par les allocutions. Xavier Darcos, qui veut "réhabiliter le travail", a choisi de mettre en avant les réformes à destination des personnes en situation de handicap : "Je pense que si nous donnons une telle valeur au travail, nous avons l’obligation de veiller à ce que personne n’en soit exclu. Les personnes handicapées doivent donc pouvoir trouver toute leur place dans le monde du travail". Un discours positif dans un contexte plutôt morose, après les déceptions exprimées par l'APF et la FNATH suite à l'annonce du report du durcissement des sanctions financières contre les employeurs qui ne s'acquittent pas au moins partiellement de leurs obligations en matière d'emploi de personnes handicapéesLe ministre a également réservé quelques mots à la question de la dépendance des personnes âgées, enjeu social majeur pour 2010 : "Notre société compte un million et demi de personnes âgées de plus de 85 ans, elles seront 2 millions en 2015. Si nous ne faisons rien, nous ne parviendrons pas à faire face à ce nouveau risque dont chacun perçoit déjà les conséquences."

Nora Berra, de son côté, soulignait deux priorités : adapter les politiques publiques en direction des aînés les plus fragiles d'abord, et mettre en valeur le dynamisme de nos aînés, ainsi que leur contribution à la cohésion sociale. Une action qui sera "rythmée" par six rendez-vous en 2010 : le grand rendez-vous national du printemps, autour de la question "comment voulons-nous vieillir ?", la poursuite du Plan Alzheimer (qui entre en phase 2), le renforcement de la lutte contre la maltraitance, le développement d'une politique du "vivre chez soi", la valorisation du rôle de nos aînés, et enfin l'émergence d'une "économie du vieillissement".

L'équipe de WiCare se félicite donc - au-delà du champagne et des petits fours (très appréciés) - que les questions de l'emploi des personnes handicapées et du 5e risque (la dépendance des personnes âgées) aient été ainsi abordées de front. Bilan sur les actions entreprises fin 2010... avant les voeux pour 2011.

Steven

La photo qui illustre ce billet a été prise par dps et provient de Flickr, sous la licence CC

mardi 19 janvier 2010

2010, année numérique


"2010, année numérique". Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique (en bref, la ministre d'Internet), a choisi la Conciergerie, première demeure royale de la capitale et prison lors de la Révolution française, pour présenter ses voeux. Un endroit singulier qui donnera cette entrée en matière volontairement décalée : "Nous sommes dans l'antichambre d'une prison... mais je ne vous retiendrai que le temps d'un discours". En tant que fondatrice d'un projet Internet ayant eu l'occasion d'échanger avec le ministère à plusieurs reprises, l'équipe de WiCare faisait partie des invités.

Au programme : un état des lieux de la société numérique et de ses principaux enjeux (notamment : quelles perspectives après la crise ?), une exposition d'art numérique (peintures, sculptures, films d'animation) et une démonstration de jeux vidéos (en particulier la Wii, console "sportive", qui a la cote jusque dans les maisons de retraite).

Parmi les phrases clés prononcées par la ministre, on retiendra : "les nouvelles technologies ne sont ni diaboliques, ni angéliques"... car tout dépend, au fond, de l'usage qu'on en fait. Pas de valeur morale en tant que telles, donc. Les possibilités sont nombreuses (illimitées ?) - et c'est une chance -, mais la prudence, dans ce domaine comme ailleurs, reste de mise. Pour structurer la révolution culturelle en marche, NKM (comme on l'appelle affectueusement) a rappelé qu'elle disposait d'une enveloppe de 4,5 milliards d'euros pour financer les usages, les pratiques et les contenus (2,5 milliards d'euros alloués) de la sphère numérique, et les infrastructures qui visent à équiper la France en très haut débit (2 milliards alloués).

En ce qui nous concerne, nous espérons secrètement - évidemment ? - voir se développer les projets web innovants dans le domaine sanitaire et médico-social. Des solutions inédites, accessibles, qui permettront de faire face efficacement au vieillissement accéléré de la population et à son corollaire : la dépendance.

2010, année numérique ? Très bonne année à tous, en tout cas.

Steven

jeudi 31 décembre 2009

WiCare, certifié HON !


Depuis le 1er décembre, WiCare est certifié par la fondation Health On the Net (HON) ! Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que nous respectons les 8 principes du Code de conduite HONcode :

1. Nous indiquons la qualification de nos rédacteurs.
2. Nous nous efforçons de compléter et non de remplacer la relation patient-médecin.
3. Nous préservons la confidentialité des informations personnelles soumises par les visiteurs du site.
4. Nous citons la source des informations publiées et datons les pages de santé.
5. Nous justifions les affirmations sur les bienfaits ou les inconvénients de produits ou traitements.
6. Nous nous efforçons de rendre l'information accessible, nous identifions le webmestre et fournissons une adresse de contact.
7. Nous présentons les sources de financements.
8. Nous séparons la politique publicitaire de la politique éditoriale.

La fondation Health On the Net, créée en 1995, est l'organisation de référence en matière de promotion et de mise à disposition de l'information en ligne sur la santé et la médecine. En collaboration avec la Haute autorité de santé, elle a mis en place en 2004 le code de conduite HONcode, qui permet de faire le tri parmi la quantité astronomique de sites de santé disponibles en ligne... Attention : toute information disponible sur un site certifié n'est pas forcément vraie ; la certification HONcode signifie simplement qu'un site fait son maximum pour ne pas se tromper.

Une bonne nouvelle en cette fin d'année, qui récompense nos efforts pour mettre à votre disposition une information claire, vérifiée, accessible... et qui nous donne envie de porter plus haut encore notre éthique et nos valeurs !

Au plaisir d'écrire encore pour vous.

Steven

lundi 28 décembre 2009

Et bien, lisez maintenant !


Le ventre plein, les bras chargés de cadeaux, réfléchissant à ma tenue de réveillon, je vais pouvoir vous parler de l'une de mes plus grandes passions : les livres. Confidences pour confidences, sachez que je suis féru de lecture. Vous pourrez d'ailleurs trouver certains des livres que j'ai récemment lus dans la catégorie "A lire, à voir" de WiCare.

J'ai envie aujourd'hui de vous parler de deux auteurs un peu particuliers, puisqu'ils font partie tous deux du domaine de la santé. L'un est médecin, l'autre infirmier. Il s'agit de Martin Winckler et William Réjault. Je connaissais le premier, et me suis lancé dans la lecture de son nouveau roman
Le choeur des femmes sans hésiter, alors que j'ai entendu parler du second sur les réseaux sociaux en vogue. La découverte de son premier recueil de nouvelles La chambre d'Albert Camus a été pour moi une agréable surprise.

Commençons par Martin Winckler. Médecin atypique et souvent conspué, il est déjà l'auteur de nombreux romans, essais et ouvrages de vulgarisation médicale. Son livre
La maladie de Sachs a même été adapté au cinéma. J'avais, pour ma part, lu Les trois médecins alors que j'étais en première année de médecine, et cela m'avait conforté dans mon désir de devenir soignant. Martin Winckler est un médecin profondément humain, favorisant le dialogue et l'écoute à la technique, refusant les "conseils" des laboratoires pharmaceutiques... Ce qui transparaît énormément dans ses écrits. Le choeur des femmes raconte l'histoire d'un interne brillant, promis à une carrière pleine de succès, de renommée et d'argent. Jusqu'au jour où, sur les recommandations d'un des pontes de son CHU, il doit effectuer son dernier stage dans le service du Dr Karma, un service de "médecine de la femme". Jean - l'interne - est tout d'abord effaré à l'idée de passer des mois à prescrire des pilules, lui qui, chirurgien de vocation, ne jure que par les scalpels et les points de suture. Mais, petit à petit, la pratique de la médecine telle que la conçoit Karma va intéresser l'interne plus qu'il ne pouvait l'imaginer, et une relation de complicité va s'installer entre les deux soignants. Dans ce roman, il est question de femmes, de contraception, de laboratoires, de douleur, de famille, d'hermaphrodites, de soin, d'amour, de vocation, mais surtout du rôle et de la place d'un médecin dans la société d'aujourd'hui.

Ce roman m'a donné envie de croire que la médecine telle que je la conçois - humaine et généreuse - a encore une place dans nos hôpitaux. Le dernier livre de William Réjault s'ouvre sur une phrase d'André Grimaldi, chef de service de diabétologie à la Pitié-Salpétrière, que je me permets de partager avec vous : Dans les réunions, on ne parle plus que d'euros (...). Nous avons discuté récemment avec le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il nous a dit : "Je ne vois pas de différence entre l'hôpital et l'industrie aéronautique." Mais de quoi parle-t-il ? En lisant cela, on est en droit de se demander si le nom d'Hippocrate a encore une raison d'être de nos jours. Martin Winckler y croit. Du coup, moi aussi.

Quant à William Réjault, je ne le connais pas assez - je suis en train de lire un autre de ses livres, je vous en parlerai - , mais pour avoir lu son blog et échangé deux mots avec lui sur Twitter - je vous en parlerai aussi - , je me plais à croire qu'il partage ma vision de la médecine et du soin. Son premier ouvrage, La chambre d'Albert Camus, publié sous le pseudonyme de Ron l'infirmier, est un recueil de nouvelles. Tantôt cocasses et amusantes, tantôt choquantes, voire révoltantes, tantôt émouvantes à donner la chair de poule. William Réjault a été infirmier pendant de nombreuses années, dans de nombreux établissements ou en tant que libéral. Son expérience, partagée avec honnêteté et franc-parler est, entre rires et larmes, un aperçu du métier d'infirmier dans un système plein de lacunes. L'oeuvre ne peut pas être prise comme un documentaire exhaustif, mais doit se lire comme un point de vue sur la diversité et la complexité d'un métier formidable. Le style est fluide, très agréable. Dès les premières pages, la connivence s'installe et on écoute avec plaisir les anecdotes de William/Ron.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ces deux ouvrages. Leurs auteurs et leurs personnages sont, à mon humble avis, de véritables héros. Des héros de livres, des héros de société.

Écrire ce billet me fait penser à un autre soignant à la plume acérée.
Grange Blanche, le blog d'un cardiologue, mérite lui aussi, si vous en avez le temps, votre attention. Certains de ses récents billets dénoncent sans tabou l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les médecins et le soin.

N'hésitez pas à nous faire part de vos lectures et vos goûts littéraires. Le blog de l'équipe WiCare peut aussi être un club de lecture, après tout, non ?

Au plaisir,

Hugo.

A lire :

Martin Winckler -
Le choeur des femmes
P.O.L. - 2009 - 602 p. - 22,80€

Le site de Martin Winckler

Ron l'infirmier/William Réjault -
La chambre d'Albert Camus
J'ai lu - 2008 - 237 p. - 5,60€

Le site de William Réjault

Grange Blanche, le blog d'un cardiologue

La photo qui illustre ce billet a été prise par Merry-Blues et provient de Flickr, sous la licence CC

vendredi 20 novembre 2009

Billet de (mauvaise) humeur


Lectrices, lecteurs, fidèles ou moins fidèles, préparez vos mouchoirs et votre mascara waterproof, ici commencent mes doléances. Je vous avais prévenu que le blog serait l'occasion de m'étendre et de répandre mes joies, mes peines, mes bonheurs et mes lamentations. Bref, c'est avec une joie indicible que vous présente mon premier billet d'humeur. (Dans le monde des blogs, c'est comme ça qu'on appelle ce qui va suivre.)

Malheureusement, mon humeur n'est pas au beau fixe. Voyez-vous, cette semaine j'ai un peu déchanté. Vous n'êtes pas sans savoir, qu'au sein de WiCare, en qualité de journaliste, je m'occupe plus particulièrement des actualités. Mon travail consiste donc à chercher l'information, la vérifier, la recouper, la traiter, la partager. Travail hautement intéressant, mais qui nécessite une proximité constante avec différents acteurs de cette information : celui qui la crée, celui qui la transmet le premier, celui qui la conteste, celui qui la valide, ou encore celui qu'elle dérange. Or, il est contraire à ce que j'ai appris au cours de mes études de journalisme, et contraire à mon éthique personnelle, de ne pas donner la parole à ces différents intervenants. Recopier un communiqué de presse, un discours, ou le résumé d'un rapport n'est en définitive intéressant ni pour vous, ni pour moi. Une information brute n'a, à mon sens, aucune valeur.

Seulement, cette semaine, pour une raison qui m'échappe encore, je n'ai eu que des bâtons dans les roues. Lorsque l'on est étudiant en journalisme, on entend des dizaines et des dizaines de fois que tout le monde n'a pas une bonne image des gens de la profession, qu'il faudra parfois se battre pour avoir ce que l'on veut... C'est la vérité. Sur WiCare, cette semaine, vous auriez pu lire un article de vulgarisation médicale (comme j'aime tant en écrire) sur
une récente avancée en thérapie cellulaire. Faute de pouvoir réaliser une enquête suffisante, le papier est tombé à l'eau. Loin de moi l'idée d'accuser qui que ce soit, mais le fait est qu'une réponse à un courrier électronique eût suffi à répondre à mes questions. La même situation s'est présentée deux autres fois dans la semaine. Je ne demande pas que l'on respecte un quelconque statut auquel je ne prétends d'ailleurs pas. Ce que je ne comprends pas, c'est l'absence totale de considération pour une personne qui essaie simplement de faire son travail correctement.

Alors ne tapons pas inutilement sur toutes ces personnes, qui, de leur côté, ont sans doute d'excellentes raisons de ne pas prendre la peine de répondre à un courriel. Leur boulot est sans doute au moins aussi prenant que le mien, et je ne saurais les blâmer. J'avais juste besoin d'écrire que j'ai un peu déchanté récemment, mais que je continuerai à faire en sorte de vous offrir le meilleur WiCare possible. Terminons tout cela par une note positive. Heureusement, mon quotidien n'est pas fait uniquement de portes claquées, de coups de téléphones sans suite et de courriels sans réponse. Beaucoup de gens, que ce soient des scientifiques, des politiques, des associatifs ou des attachés de presse, sont excessivement disponibles et sont prêts à se mettre en quatre pour être utiles. Il est important de le rappeler, et de les en remercier par la même occasion.

A très bientôt.

Hugo

P.S. : Au fait, que faites-vous comme métier ? Êtes-vous professionnellement confrontés à des personnes ou des situations qui vous empêchent de donner le meilleur de vous-mêmes ? Rappelez-vous que ce blog est un espace d'échanges.

La photo qui illustre ce billet a été prise par Jessie Romaneix et provient de Flickr, sous la licence CC